Site d'Adrien Daxhelet

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Garde civique à Hannut

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Protection des citoyens contre les désordres publics et contre les calamités.

 

La population de la région est placée sous la sauvegarde de la "Garde civique".

 


En compulsant les archives communales, il est fait mention de la Garde civique dans un compte-rendu du conseil communal en date du 30 mai 1812, sous la mention "Loyer du corps de garde : 12 francs". Dans sa séance du 22 février 1815 , la dépense de 35 francs est approuvée pour raison d'utilité nécessaire et justifiée par loyer, chauffage, éclairage du corps de garde de la Garde civique. Cette augmentation trouve sa raison d'être dans l'impossibilité de se procurer le bois et le feu pour la somme allouée précédemment. Pour ces mêmes raisons, on avait même supprimé le service de la patrouille pendant une partie de l'hiver. Le 8 novembre 1817 le loyer est porté à 15 florins (occupation hollandaise - royaume des Pays-Bas).

Notre garde civique "indépendante"

Après les mentions ci-avant, relatives à la Garde civique sous l'occupation française puis sous l'occupation hollandaise, nous voyons apparaître des comptes-rendus précis et détaillés sur l'organisation de la garde civique en "Belgique indépendante". Hannut fait toujours partie du canton d'Avenne (Avenne et non Avennes). Nous sommes en 1831. Le Gouvernement provisoire a déjà jeté les bases administratives de la gestion publique. La Garde civique est constituée en Compagnies commandées par un capitaine. Cette Compagnie comprenait le premier ban, le deuxième ban et l'arrière-ban.

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Gardes civiques mobilisés Voyez leur armement, leur masse d'habillement, leur tambour

Le premier ban est exclusivement destiné à faire respecter l'inviolabilité du territoire, à protéger les dépôts maritimes, arsenaux, places fortes. Le second ban doit seconder l'armée nationale "sans toutefois sortir de la province". Le troisième ban est sédentaire.

Composition du 1er ban à Hannut

Un capitaine (de Hannut) un lieutenant (de Thisnes) deux sous-lieutenants (de Thisnes et de Lens-St-Remy) un sergent major (de Hannut), 4 sergents (un de Hannut, deux de Lens-St-Remy, un de Thisnes), 8 caporaux (Hannut, Lens-St-Remy, Thisnes, Poucet), deux tambours (Lens-St-Remy et Thisnes), un fourrier (de Hannut), et 108 hommes ou gardes - soit un effectif de 128 hommes ! On dénombre 40 gardes à Thisnes, 39 gardes à Lens-St-Remy, 19 gardes à Hannut, 7 gardes à Lens-St-Servais et 3 gardes à Poucet. Cette Compagnie était la 3me du canton d'Avenne. (Il y en avait une autre à Latinne). La Garde du territoire est assurée par des patrouilles. Dans le règlement de patrouille nous relevons certaines directives intéressantes. La patrouille de nuit se fait par escouades (un chef et 4 gardes) de neuf heures du soir à quatre heures du matin. Le corps de garde est à l'hôtel de ville. En cas de trouble, d'incendie ou d'alarme, le chef qui commande la patrouille devra sur le champ en avertir l'un des capitaines afin de rassembler tous les gardes pour se porter sur le lieu en danger. Le chef de patrouille est personnellement responsable des objets meubles qui se trouvent au corps de garde ainsi que de toute dégradation que pourraient faire à la maison communale les gardes des patrouilles.

Liste officielle des officiers et sous-officiers de la 3me Compagnie.

Capitaine : François-Joseph Tilkin de Hannut
Lieutenant : Léonard-Joseph Hardy de Thisnes
Sous-lieutenants : Dieudonné-Joseph Hardy de Thisnes, Pierre-Joseph Royer de Lens-St-Remy Sergent-Major : Prosper Bertrand de Hannut
Sergents : François Dejardin de Hannut, François-Joseph Delathuy de Lens-St-Remy, Jean-François Docquier de Lens-St-Remy, André-Joseph Pineur de Thisnes.
Fourrier : Albert-Joseph Denis de Hannut. (N.D.L.R. : voir le nombre de "Joseph" comme seconds prénoms !) Voici à titre d'information et d'édification la convocation d'une patrouille par le capitaine Tilkin.

Patrouille du 1er décembre 1831 M. Dejardin François, sergent-chef, sera demain de patrouille, il aura sous ses ordres MM. Bertrand Clément, Collin Jean-Joseph, Detiège Jean-Baptiste et Goffart Jacques. La patrouille commencera à neuf heures du soir jusqu'au lendemain à quatre heures du matin. Le remplacement est interdit sauf l'approbation par écrit du capitaine de la Compagnie et par dix personnes faisant partie de la dite garde. Hannut, le 30 novembre 1831.

L'équipement de la Garde civique en 1831

Le 23 octobre 1831 les objets suivants ont été distribués, à Hannut, à tous les hommes de garde : un fourreau à baïonnette, des bretelles de fusil, une giberne, une buffleterie, un havresac, une ceinture, des épinglettes avec boutons (indépendamment de l'armement).

Lutte contre l'incendie

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Lucien Joannes, son épouse, deux de leurs enfants, Gabrielle et Maurice. Voir : l'étal extérieur des articles de leur magasin de quincaillerie (1910)

Aussi loin que les témoignages peuvent nous reporter dans le temps, nous apprenons que Lucien Joannes, plombier-zingueur de son état (maison dont la façade avant se situe route de Landen et la façade arrière rue du Ballon) était chargé de l'entretien des pompes publiques, alimentées par des puits profonds(environ 20 m.)

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Pompe à bras (1900 à 1920)

Ces pompes se situaient :
1) grand-place (à hauteur de la pharmacie Pahaut),
2) rue Zénobe Gramme (en face de chez Vanheeswyck "Dejardin"),
3) Remparts St Christophe (en face de chez Joseph Rosoux "villa La Montagne" avenue des Jardins),
4) rue du Chiroux - E. Malvoz (en face de chez Fraiture),
5) rue du Faubourg - Lambert Mottard (en face de chez Goffart - H. Rosoux),
6) Vieux-Remparts (dans la cour de chez Volont - Avocat Lambert). Etant donné ses fonctions, il était tout désigné pour entretenir et utiliser le matériel d'incendie qui était remisé dans le "trou aux pompes" rue Damoiseau (rue Jean Mottin). Il fit aussi partie de la Garde civique pendant la guerre 14-18.
Le matériel était constitué de deux tonneaux en bois montés sur deux roues avec brancards (tractés par des chevaux de la Brasserie Mottin en cas de sinistre), de seaux en cuir et en toile (pour faire la chaîne) et de deux pompes à bras. Les tuyaux étaient primitivement en cuir (fermés avec des rivets en cuivre rouge tous les 24 mm). Les premiers tuyaux en toile souple firent alors leur apparition. Les deux pompes étaient aspirantes-foulantes et incorporées à un bac où l'eau des tonneaux était déversée. Elles reposaient sur des patins qui permettaient de les hisser sur des chariots et de les en décharger. Les pompes à double levier étaient actionnées par 6 ou 8 hommes. Les tonneaux se remplissaient à la pompe de l'hôtel de ville (ancienne école communale) où une citerne d'eau de pluie à grande capacité permettait une réserve suffisante.

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Lucien Joannes, le premier pompier hannutois, à l'heure de la retraite (1950)

Dans sa mission de pompier, Lucien Joannes était secondé par Louis Doneux, ardoisier-couvreur qui disposait d'échelles et de matériel coupe-feu. La commune utilisait au mieux les compétences (pompier : L. Joannes - sapeur : L. Doneux). A la moindre alerte, la cloche de l'hôtel de ville appelait les bénévoles suivie bientôt de la cloche de l'église qui sonnait le tocsin à coups redoublés, (en wallon : ricôper ou triboler selon la signification de l'appel). Ce sont des bénévoles (surtout des voisins de la maison sinistrée) qui actionnaient les bras de la pompe pendant que L. Joannes et L. Doneux dirigeaient la lance.

Formation du corps des sapeurs-pompiers

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Lucien Fraiture le formateur du premier escadron du corps des sapeurs pompiers

Après quelques incendies très impressionnants et dévastateurs, il est apparu que notre service s'avérait insuffisant et qu'il était temps de constituer un corps plus efficace et plus opérationnel (Gabrielle Joannes, fille de Lucien se souvient du terrible incendie de l'hôtel Depas... emplacement de la Maison du Peuple). Sur proposition du conseiller commu-nal Ghislain Leemans, Lucien Fraiture, gendarme à la retraite, domicilié rue Zénobe Gramme, fut chargé de jeter les bases d'un véritable corps de sapeurs-pompiers. (L. Fraiture, père de Madame Jules Englebert-Fraiture). Lucien Fraiture fit donc appel à des volontaires et organisa des réunions d,information à l'hôtel de ville (nous sommes dans les années 30). Il dressa avec un noyau de gens déterminés un règlement organique de la future section. En faisaient partie : Maurice Moisse, Emile Martin (l'Arnou), Auguste Vriamont, Jean Lieutenant, Camille Joachim (l'ardoisier), Jules, Emile et Henri Joannes tous plombiers) et Jean Renard (clairon de la section). L'Administration communale, dans son désir de ne rien négliger dans la formation des cadres, demanda à Lucien Fraiture de suivre des cours à Liège. (Ces déplacements étant fort astreignants, L. Fraiture se désista). C'est alors que Jules Joannes se proposa pour suivre les cours et qu'il devint le premier Commandant titulaire du corps des sapeurs-pompiers de Hannut.

image007 Le Commandant Jules Joannes juché sur le toit du premier camion des pompiers de Hannut (le drapeau flotte, c'est le le jour de la Libération).
Sur te marche-pied à gauche : Jean Renard - sur le marche-pied à droite : Gaston Fauville et René Dolhen.

Dans son recrutement de volontaires, il s'entoura surtout d'hommes de métier qui n'avaient pas froid aux yeux et qui étaient polyvalents. C'est ainsi qu'il s'assura les services d'Emile Doneux (ardoisier), d'Armand Davin (chauffeur-mécanicien), d'Edgard Rousseau (ouvrier plombier-zingueur), de Jean Renard (ébéniste et technicien issu de St Laurent à Liège), de Jean Lieutenant (négociant en combustible et transporteur communal). Monsieur Leemans, étant devenu échevin, prend sous sa responsabilité de conduire les destinées du corps des pompiers. Sur sa proposition, la commune achète une moto-pompe "Beduwe" 4 cylindres, des tuyaux, des échelles, des seaux-pompes. Jules Dassy transporteur est requis pour assurer l'acheminement du matériel sur les lieux des sinistres. Ensuite la commune achète un camion "Ford" dont la maison Boulanger (charron) route de Tirlemont, construit la carrosserie. Pour financer ce travail, le nouveau corps des sapeurs-pompiers organise des bals, collectes et tombolas. Cette timide modernisation est bientôt suivie de nouveaux achats (qui résultent souvent du déclassement de matériel réalisé par les grandes villes qui se portent acquéreuses de moyens plus sophistiqués). C'est ainsi que la section de Hannut s'équipe d'une première pompe "Beltra" sur remorque, puis d'une seconde. Ces pompes étaient actionnées par des moteurs 2 temps qui se mettaient en marche avec un kick (juste comme une moto !) Ces moteurs d'une puissance appréciable s'encrassaient très vite et il fallait changer les bougies à chaque arrêt. Le gros problème était l'alimentation en eau, surtout dans les villages et nos braves pompiers ont plus souvent trouvé de l'alimentation pour leurs lances dans les fosses à purin que dans les citernes à eau de pluie ! Le plus dramatique des incendies d'avant 40 se situe dans la propriété du Baron de Fontbarré à Fumal où une grange immense formait un brasier épouvantable juste à côté d'une colonie d'enfants qu'il fallait protéger à tout prix. Les sapeurs de Hannut y ont travaillé pendant 51 heures ! Il faut se moderniser et assumer ses responsabilités. Le Collège échevinal, composé du bourgmestre A. Sonck et des échevins Leemans et Géradon, décide d'acheter le matériel du service d'incendie d'Angleur (qui lui, cède ses attributions au service du grand Liège.) C'est ainsi que les pompiers de Hannut vont s'honorer d'un matériel très fonctionnel constitué d'un camion d'incendie (avec citerne) équipé d'une auto-pompe à l'avant. De plus le corps hannutois est autorisé à acheter une échelle tractée de 22 mètres de portée utile. La guerre survient et avec elle les lourdes responsabilités de protection de la population civile. Le corps de sapeurs-pompiers recrute des volontaires dans les soldats démobilisés et rentrés au foyer. Les hommes sont payés à la prestation.

Puis vint Jean Renard

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Jean Renard, commandant des pompiers de Hannut

Lorsque Jules Joannes abandonna ses prérogatives, Jean Renard accepta de suivre les cours d'officier à Liège et de se soumettre à l'examen "A" par ailleurs fort exigeant. Nanti d'un bagage mathématique dispensé par "L'école d'adultes" (qui précéda l'Ecole moyenne de l'Etat) et fort de sa formation technique à l'Institut professionnel St Laurent à Liège, il que Joseph Peigneur qui fut son compagnon d'études à raison d'un week-end par semaine (cours donnés à la caserne de la rue de Hesbaye à Liège). C'est au mois d'août 55 que Jean Renard devint effectivement l'officier commandant le corps des pompiers de Hannut. Ne voulant rien laisser au hasard et ambitionnant d'assurer la promotion et la renommée de son groupe, le Commandant Renard suit les cours A.B.C. à l'école de la Protection civile à Florival (A comme Atomique - B comme Biologique - C comme Chimique). C'est toujours en collaboration étroite avec la Protection civile qu'il assure une véritable éclosion de son groupe rural pour en faire un des plus appréciés de la Wallonie. Grâce à ses relations personnelles, grâce aussi à ses contacts incessants avec les responsables de la sécurité tant sur le plan provincial que sur le plan national, grâce au merveilleux accueil que son épouse et lui-même assurent à tous leurs hôtes de marque, Jean Renard fait de Hannut un groupe de référence dans toutes les attributions de matériel. Jean a ses entrées partout et il défend ses causes avec toute la séduction qu'on lui connaît. Toutes ses demandes ont toujours trouvé un écho favorable. Il faut dire que Jean Renard se rend à Bruxelles toutes les semaines.

image011 Le Commandant Renard devant ses installations radio-téléphoniques, à son domicile
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Dans tous les achats, l'Etat accordait 75% de subvention selon l'importance du groupe...et Hannut fut toujours parmi les privilégiés. Dans tous les corps de volontaires il y a légalement une nomination "professionnelle" en la personne du caporal chargé de l'entretien du matériel. Grâce à l'importance, à la rapidité et au nombre des interventions de Hannut, Jean Renard obtient une dérogation du Gouverneur de la province pour la nomination de professionnels. C'est ainsi que Hannut s'honore de 5 pompiers professionnels : Delaite Léonide, Bernard Léon, Vandenbempt Maurice, Coenart André et Daneels Francis. Les contacts du commandant Renard avec l'Administration communale étant fraternels, sinon amicaux, il obtint tout naturellement l'adhésion du personnel communal à son groupe de volontaires. Il a ainsi l'appoint d'Edgard Rousseau qui habitait le Château Mottin contigu au corps de garde, puis de Volont Alphonse, de Joseph Remacle, de Léopold Remacle, de Léon Brouet...

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Alignement impressionnant des véhicules-incendie
La grande échelle (majestueuse) qui fut déclassée parce qu'elle ne pivotait que sur un axe

Le centre-groupe de Hannut a d'autres possibilités qu'on peut qualifier de "naturelles" car les officiers Jean Moers et Michel Peigneur amènent avec eux le personnel de leur maison. A cette époque "héroïque" Jean Renard trouve les trois-quarts de ses effectifs utilisables dans un rayon de moins de 500 m de la caserne. Madame Jean Renard fut aussi, dans la discrétion absolue, l'officier de liaison volontaire qui ne figura jamais dans les cadres officiels du groupe, (et n'en obtint jamais la moindre gratification ou reconnaissance). Elle permet que le dispatching du groupe investisse ses appartements et sa salle de séjour. C'est chez elle qu'on installe les 5 lignes de téléphone et les postes de commande par radio. Tout comme le Commandant, elle sait interpréter et transmettre les ordres et les appels. C'est un véritable laboratoire de communications radio-téléphoniques : ligne directe pour les sirènes - ligne d'appel pour les professionnels - commande des sirènes avec code d'appel - liaison avec les centres-groupes (d'appoint éventuel) - avec la Protection civile -avec l'Administration communale. En moins de 5 minutes, 45 hommes peuvent être mis sur pied d'intervention. Les professionnels avaient leur traitement et les volontaires étaient payés à la prestation. Le Commandant Renard dressait la facture après chaque sinistre et la somme était divisée entre tous ceux qui avaient endossé la tenue sans considération futile du nombre d'heures personnelles. Tout se faisait entre frères.

Nouvelles responsabilités

Les centres groupes étant délimités par province, Hannut (comme en toutes choses) a le désagrément de se trouver dans une botte géographique, dans un cul-de-sac provincial qui limite toute influence à l'Est (Limbourg), au Nord (Brabant) et à l'Ouest (Namur)... sans parler de la frontière linguistique. C'est ce même isolement administratif qui nous élimine de l'autoroute (qui fait ce crochet surprenant dans le Brabant flamand pour passer de Berioz à Lincent ! Malgré cette conjoncture défavorable, Jean Renard, jusqu'au-boutiste de nature, parvient à inclure 38 communes dans son centre-groupe. Les limites de sa sphère d'intervention sont : Hannèche, Warnant-Dreye, Lens-St-Servais, Linsmeau, Wansin. Les cotisations des communes desservies se montaient à 5 F par habitant et étaient versées à l'Administration communale de Hannut. Ultérieurement la province régla le taux de participation des communes à la commune du service. Questionné sur l'emploi des termes "arsenal" (très usité en France) et "caserne" Jean Renard précise que "arsenal" désigne le lieu de maintenance du matériel tandis que le mot "caserne" désigne le gîte et le centre administratif de la "troupe". L'usage du mot arsenal semble proscrit du vocabulaire officiel et administratif.

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Les ambulances du Service 900 devant la caserne Mottin

La création des autoroutes et la généralisation des transports routiers conjugués à la vulgarisation de l'automobile ont hélas multiplié les dangers de la circulation et les accidents de la route. Les services de secours aux accidentés de la route étant aussi di- vers que décentralisés les pouvoirs publics ont créé un service national 900 nanti de moyens immenses tant en matériel roulant qu'en moyens de communications.

La Croix-Rouge et les services privés d'ambulance ne pouvaient désormais atteindre cette perfection technique dont seuls les pouvoirs publics acceptaient l'engagement financier. Les groupes de pompiers ne furent pas unanimes à en accepter l'organisation locale. Jean Renard, quant à lui, s'est porté candidat pour son centre-groupe, suivi en cela par l'Administration communale qui en accepta le projet et la responsabilité. C'est ainsi que des pompiers durent parfaire leur formation d'"homme du feu" par une formation de "secouriste de la route" en suivant des cours à la Croix-Rouge. Le centre-groupe de Hannut prend désormais une importance et un développement considérables. Lors du jumelage Hannut-Thouars en 1962, Jean Renard peut présenter à ses homologues français 7 ambulances et 8 camions d'incendie. La majorité de ce matériel provenait de surplus américains, de véhicules allemands cédés à titre de dette de guerre et de surplus de l'armée belge. Tout ce matériel avait été entreposé par l'Administration des Domaines dans des anciens forts... Pour les obtenir, il fallait des relations et des compétences, c'est un "duo" de références que possédait le Commandant Renard.
Pour l'administration du service 900 Jean Renard a dû sacrifier une partie de son confort pour l'installation d'une antenne d'une centrale de radio qui était en contact non seulement avec, encore Bruxelles et Liège mais aussi avec la caserne et les ambulances de et service.

L'homme polyvalent

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Le secours aux animaux et la destruction des animaux dangereux
Photo souvenir de la convention avec la S.P.A.

Signalons en outre que Jean Renard obtint, lors d'une remise des pouvoirs très officielle la reconnaissance de son groupe de pompiers pour l'aide et la protection des animaux perdus ou des animaux errants et éventuellement pour la destruction ou l'abattage d'animaux réputés dangereux pour la sécurité publique. C'est la Société Protection des Animaux, en collaboration avec l'Administration communale du moment, qui a investi Jean Renard de ces pouvoirs spéciaux. Cette reconnaissance est historique puisque c'est la première fois en Hesbaye que pareille responsabilité fut donnée par la S.P.A. Le Commandant Renard a, durant toute sa carrière, été requis par le Parquet, comme expert, pour la détermination des causes d'incendie ou de sinistres. Ses connaissances techniques et professionnelles en ont fait un homme de confiance dont les avis étaient péremptoires.

Si Hannut m'était conté

Pour les Hannutois de ma génération, Jean Renard est un "monument" dans la vie et l'activité hannutoises. Indépendamment de ses activités professionnelles et commerciales auxquelles il a toujours fait honneur, il a consacré plus de 50 ans de sa vie à aider, à soulager et aussi à divertir... (c'est un admirable conteur dont je vous reparlerai). L'homme du feu : c'est Jean Renard, l'homme du 900 : c'est Jean Renard, l'homme du Tombeu (le quartier de la Confrérie) : c'est Jean Renard, le collectionneur des choses du passé : c'est Jean Renard. Si pour les pompiers qu'il interpelle, il reste "chef", pour L'Aronde et son scribe il reste "Commandant"... retraité malgré lui, il reste jeune, plein de vivacité, amoureux de Hannut et toujours prêt à "servir". « Salut, Commandant ! »

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Le Commandant Renard en conversation avec S.M. le Roi Baudouin à l'hôtel de ville de Hannut
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Magnifique image d'archives : la première ambulance des pompiers et les premiers pompiers-secouristes : J. Piraprez et L. Triffaux
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Pompiers Hannutois et Thouarsais aux funérailles du Lieutenant J. Peigneur

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Mise à jour le Lundi, 26 Janvier 2009 11:41